
J'avais déjà parlé
ici il y a bien longtemps des deux premiers livres d'
Erik Orsenna se déroulant sur son île étrange et imaginaire :
La
grammaire est une chanson douce et
Les chevaliers du subjonctif. Je viens juste de lire le troisième, qui sans être une suite se déroule en grande partie sur cette même île :
La
révolte des accents.
Ce court roman est sur le même ton et thème que les précédents, il parle dans un style assez
plaisant de notre langue française et de ses charmes, ainsi que, pour une fois, de cuisine. Je
l'ai trouvé moins enthousiasmant que La grammaire mais bien plus entraînant que Les chevaliers. On y
voyage agréablement, on s'y laisse porter et c'est ma foi presque déçu qu'on arrive au
bout.
Quelques extraits :
Donc, à la boulangerie, dans cette enivrante odeur de chocolat, de frangipane et de croissant chaud, je consultais le tableau des petites annonces.
- Vous ne mangez pas assez, monsieur Henri.
- Quand on vieillit la vie rétrécit. Elle a de moins en moins besoin de nourriture.
- Mais pourquoi un oignon ?
- C'est bon pour les yeux de pleurer, et les oignons font pleurer sans tristesse.
L'un des problèmes avec les frères, c'est qu'ils changent de rêves sans arrêt. (...) Connaissez-vous quelqu'un de plus fatigant qu'un frère ?
Il prononçait le moindre mot français avec une très soigneuse gourmandise. En conséquence, son histoire avait duré des heures.
Le silence ment bien plus que le mensonge.
Comme l'eau d'un fleuve déborde de son lit, comme la musique d'un concert envahit l'air et traverse les murs, le théatre avait pris possession de la vallée.
Note : 7,5 / 10
M.
Par M.
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