Lundi 22 juin 2009
J'ai fini samedi dernier Battement d'ailes, deuxième roman de Milena
Agus traduit en français (après Mal de pierres et ses nombreux prix et critiques élogieuses).L'histoire... en fait plus qu'une histoire c'est un roman sur un lieu et sur les personnages qui y vivent. Le personnage principal est donc une colline de Sardaigne, toute proche de la mer, les premières phrases sont d'ailleurs sa présentation :
« Notre position est 39° 9' au nord de l'équateur et 9° 34' à l'est du méridien de Greenwich. Ici, le ciel est transparent, la mer couleur saphir et lapis-lazuli, les falaises de granit or et argent, la végétation riche d'odeurs. Sur la colline, dans les lopins de terre arrachés au maquis, qu'on cultive entre leurs murets de pierre sèche, le printemps resplendit du blanc des fleurs d'amandier, l'été du rouge des tomates et l'hiver de l'éclat des citrons. »
On sent immédiatement le style de Milena Agus, presque aussi brut que les paysages qu'elle décrit, direct, raffiné mais sans fioritures.
Un autre personnage important est « Madame », une femme originale aussi timide que généreuse et créative qui tient une maison d'hôtes, résiste fermement aux promoteurs immobiliers, et enchaîne les échecs amoureux dans des relations complexes. Autour d'elles quelques familles, celle de la narratrice, marquée par la disparition de son père, et celle des voisins, une petite armée très croyante, mais avec ses fêlures et ses fêlés.
L'ouvrage est assez court, trop peut-être, le style est particulier sans doute mais je l'ai trouvé très agréable. Les personnages, aussi tordus que la végétation contrariée qui pousse sur cette colline, n'en sont pas moins attachants. Bref, la lecture est très agréable. Certains seront surpris par quelques scènes un peu violentes ou érotiques (ou les deux), d'autres interpellés par l'imagination de la narratrice qui rend certains passages surréalistes, mais finalement cette magie prend bien, et d'ailleurs comme la narratrice le dit souvent « sans magie, la vie a un goût d'épouvante ».
Quelques autres extraits :
Sa vie par la suite avait été à la même enseigne, pour les études, pour les hommes, un point d'interrogation.
La grand-mère des voisins dit que Madame se donnait trop vite aux autres hommes, qu'elle ne les laissait pas languir, alors qu'il faut ça aux hommes [...] Donc elle a déjà couché avec Giovanni et la thèse de la grand-mère aussi s'effondre. Comme toutes les explications logiques. Que s'est-il passé alors ? La roue de la Fortune de papa, qui tôt ou tard devait tourner ? La magie ? Le Dieu des voisins ?
d'autres encore chez Evene.
Note : 8 / 10
M.


J'avais entendu parler de Dis oui, Ninon sur le
J'ai fini la semaine dernière L'Ombre du vent de Carlos Ruiz
Zafón.
J'ai fini il y a peu mon
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